CP Yona édition bilingue : Haftara de Kippour avec Abarbanel et le 'HIDA.
Yona
Édition bilingue français-hébreu avec Abarbanel et le ’Hida
Première traduction française de l’œuvre
Deux grandes figures de l’histoire juive, séparées par près de trois siècles, réunies autour d’un même prophète.
Raziel Sefarim publie une édition bilingue français-hébreu du livre de Yona, réunissant le texte biblique, Rashi, le commentaire d’Abarbanel ainsi que les commentaires du ’Hida tirés du ’Homat Ana’kh et du Na’hal Soreq.
Cette édition constitue la première traduction française de cet ensemble et fait se rencontrer deux hommes qui, à près de trois siècles de distance, consacrèrent une part essentielle de leur vie au peuple juif.
Deux héros du peuple juif
Réunir Abarbanel et le ’Hida dans cette édition de Yona, ce n’est pas seulement réunir deux grands commentateurs. C’est faire se rencontrer deux figures qui traversèrent deux périodes particulièrement difficiles de l’histoire juive et mirent leur position, leur savoir et leur vie au service de leur peuple.
Don Itz’haq Abarbanel
Né à Lisbonne en 1437, Abarbanel fut homme d’État, financier et l’un des grands commentateurs bibliques de son époque.
Lorsque le décret de l’Alhambra ordonna l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, il tenta d’intervenir auprès des souverains pour obtenir son annulation.
Le décret fut maintenu et Abarbanel choisit l’exil avec son peuple, abandonnant une nouvelle fois position et fortune. Son parcours le conduisit à Naples, Messine, Corfou, Monopoli puis Venise, où il mourut en 1508.
Il fut enterré à Padoue. L’emplacement exact de sa sépulture fut perdu après la destruction du cimetière, mais une stèle commémorative perpétue aujourd’hui sa mémoire.
Le ’Hida : une autre époque, un même engagement
Près de trois siècles plus tard, Rav ’Haïm Yossef David Azoulay, le ’Hida, né à Jérusalem en 1724, connut une autre réalité : celle des communautés juives d’Eretz Israël sous l’Empire ottoman, dont la grande précarité rendait indispensable le soutien des communautés de Diaspora.
Être shadar, émissaire de Terre Sainte, n’était alors ni un titre honorifique ni un simple voyage. Ces missions pouvaient durer plusieurs années et exposaient les émissaires aux maladies, aux accidents, aux violences ainsi qu’aux dangers des routes et des traversées.
On estime qu’un émissaire sur dix envoyé à l’étranger ne revenait pas vivant.
Le ’Hida accomplit cette mission deux fois.
De ’Hébron à l’Afrique du Nord, de l’Italie à l’Allemagne, de la Hollande à l’Angleterre et à la France, il parcourut les communautés juives afin de recueillir les fonds nécessaires au maintien des communautés d’Eretz Israël.
À Paris, il put consulter des manuscrits conservés dans les collections royales et visita également Versailles. Il s’établit finalement à Livourne, où il consacra les dernières années de sa vie à l’étude et à l’édition de ses ouvrages, sans cesser son engagement en faveur de la Terre d’Israël.
Deux époques, deux exils et deux formes d’engagement pour la continuité du peuple juif : c’est aussi cette histoire que leur réunion autour du prophète Yona entend transmettre.
Yona, Abarbanel et le ’Hida
Cette édition permet d’étudier ensemble, en français et en hébreu, le commentaire d’Abarbanel ainsi que deux textes du ’Hida : le ’Homat Ana’kh et le Na’hal Soreq.
Abarbanel et le ’Hida appartiennent à deux générations très éloignées, mais tous deux inscrivent leur commentaire dans la tradition de l’exégèse juive, en faisant dialoguer le texte biblique avec les enseignements des Sages et les commentaires qui les ont précédés.
Leur réunion dans un même volume permet ainsi de faire entendre deux grandes voix de l’exégèse séfarade autour du livre de Yona, sans réduire l’une ou l’autre à une méthode unique.
Une édition qui replace les auteurs dans leur histoire
L’édition ne se limite pas aux commentaires. Biographies illustrées, portraits, cartes et documents historiques replacent les deux auteurs dans les événements qu’ils ont traversés : l’expulsion des Juifs d’Espagne et l’exil d’Abarbanel, la situation des communautés d’Eretz Israël sous l’Empire ottoman, ainsi que les longues missions du ’Hida à travers le monde juif.
Aperçu de l’édition bilingue et des pages historiques de l’ouvrage
Deux portraits pour retrouver le visage du ’Hida
Le travail iconographique fait partie intégrante de cette édition. Abarbanel et le ’Hida y sont tous deux représentés par des portraits retravaillés dans une même écriture graphique, afin de conserver la cohérence visuelle et éditoriale du volume.
Portrait vectoriel utilisé dans l’édition
Restitution du visage du jeune ’Hida
Ce travail possède également une dimension historique. Depuis plus d’un siècle, le visage du ’Hida est principalement diffusé à travers une copie devenue progressivement son portrait de référence.
Raziel Sefarim a souhaité revenir à une représentation plus proche du portrait ancien dont elle dérive : une peinture à l’huile réalisée en Italie lors du premier voyage du ’Hida comme shadar, alors qu’il était encore dans sa trentaine.
Les deux représentations permettent ainsi de montrer à la fois l’iconographie aujourd’hui familière du ’Hida et le travail entrepris pour retrouver les traits du jeune émissaire de Jérusalem parcourant l’Europe au XVIIIe siècle.
Des sépultures devenues lieux de mémoire
La dimension biographique se prolonge jusqu’aux lieux où demeure la mémoire de ces deux hommes. Abarbanel fut enterré à Padoue ; si l’emplacement exact de sa tombe a disparu, une stèle commémorative rappelle aujourd’hui sa présence.
Le ’Hida mourut à Livourne en 1806 et y fut d’abord enterré. En 1960, sa dépouille fut transférée en Israël et réinhumée à Har HaMenou’hot, à Jérusalem, où sa tombe est aujourd’hui un lieu de pèlerinage. Rav Mordekhaï Eliyahou repose depuis 2010 à ses côtés.

Une date relie encore le ’Hida à une autre figure particulièrement chère à la culture séfarade : le 11 Adar 5566, jour où le ’Hida quitta ce monde à Livourne, naissait au Maroc Rabbi Yaakov Abi’hatsira, l’Abir Yaakov.
Portrait d l'Abir Yaakov
De Yona aux Haftarot
Le volume se termine par un extrait du Na’hal Soreq, commentaire du ’Hida sur les Haftarot de l’année.
Ce choix permet au lecteur de poursuivre naturellement l’étude au-delà du livre de Yona et constitue également un avant-goût de la prochaine publication de Raziel Sefarim, prévue après les fêtes de Tishri : Les Haftarot avec le ’Hida.
Yona est ainsi à la fois un ouvrage autonome et la première passerelle vers le travail éditorial consacré par Raziel Sefarim aux commentaires du ’Hida sur les Haftarot.
